Par où commencer pour un Noël sans écran ?
Choisissez un seul moment de la journée, tenez-le tous les soirs à partir du 1er décembre, et remplissez-le avec quelque chose qui se raconte. Vingt minutes suffisent. Le reste de la journée suivra ou ne suivra pas, mais ces vingt minutes-là tiendront, et elles feront plus pour vos fêtes que trois semaines de règles affichées sur le frigo.
C’est le seul conseil de cet article qui compte vraiment. Tout ce qui suit sert à le rendre applicable.
Pourquoi l’interdiction seule ne tient-elle jamais ?
L’écran n’est pas le problème. Le problème est ce qu’il occupe : l’ennui de fin d’après-midi, la transition entre deux activités, et les vingt minutes de calme dont un parent a besoin pour finir quelque chose. Retirez l’objet sans reprendre ces trois fonctions, et vous n’avez rien retiré du tout. Vous avez seulement déplacé la tension.
C’est pour cette raison que les résolutions de décembre s’effondrent en quarante-huit heures. Elles sont formulées comme des privations alors que le besoin auquel elles s’attaquent, lui, est toujours là.
Le créneau qui fonctionne : le soir, avant le coucher
Trois raisons, très concrètes.
- L’enfant est disponible. Il n’a rien d’autre à faire, il n’y a pas de sortie à préparer, pas de devoirs qui traînent.
- Vous l’êtes aussi. C’est le seul moment de la journée où vous n’êtes pas en train d’en préparer un autre.
- C’est le moment où l’écran est le plus nuisible. Lumière, excitation, et une fin d’épisode qui appelle la suivante. Un texte, lui, se termine.
Ajoutez que le rituel s’installe seul. Au bout de quatre ou cinq soirs, c’est l’enfant qui réclame, et vous n’avez plus rien à négocier.
Que faire des vingt-quatre jours qui précèdent ?
Remplacez le calendrier de l’avent en chocolat, ou doublez-le, par un calendrier de textes. Un récit court par soir, du 1er au 24. C’est gratuit, cela tient dans une chemise cartonnée, et cela donne à décembre une colonne vertébrale que la simple attente des cadeaux ne lui donne pas.
Prévoyez court les premiers jours. Cinq minutes le 1er décembre, dix minutes à la mi-décembre, et gardez un texte plus long pour le 24. La progression compte plus que la longueur.
Où trouver les textes sans rien acheter ?
La plus grande partie du répertoire de Noël est tombée dans le domaine public. Perrault, Grimm, Andersen, Dickens et une quantité de récits du dix-neuvième siècle se lisent et se téléchargent librement, sans abonnement ni compte à créer. C’est une chance dont peu de parents se saisissent, faute de savoir où chercher.
Le plus simple est de partir d’un relevé déjà fait plutôt que de fouiller soi-même les bibliothèques numériques. Ce recensement de contes de Noël à télécharger et à lire à voix haute indique les sources fiables et distingue les textes courts des récits qu’il faudra étaler sur deux soirées, ce qui évite de découvrir à 20 h 40 que celui qu’on a ouvert fait dix-huit pages.
Imprimez-les. Un texte sur papier ne se termine pas par une suggestion de lecture, et il ne s’allume pas au milieu de la nuit.
Les trois erreurs qui font échouer l’idée
- Commencer trop long. Un conte de vingt pages le premier soir, et l’enfant aura compris que le rituel est une corvée. Cinq minutes valent mieux que rien, et rien vaut mieux que trop.
- Lire un texte que vous n’aimez pas. Les enfants entendent l’ennui dans une voix bien avant de comprendre les phrases. Choisissez d’abord pour vous, ils suivront.
- En faire une récompense ou une punition. Dès que l’histoire du soir devient négociable, elle rejoint le rang des écrans, et vous avez perdu le seul terrain sur lequel vous étiez tranquille.
Et si l’écran revient quand même ?
Il reviendra, et ce n’est pas grave. L’objectif raisonnable n’est pas zéro écran pendant un mois, c’est un moment quotidien qui n’en dépend pas. Si les vingt minutes du soir tiennent du 1er au 24 décembre, vous avez gagné, quelle que soit la quantité de dessins animés regardés le reste de la journée.
Questions fréquentes
À quel âge peut-on commencer à lire des contes le soir ?
Dès deux ans avec des textes très courts, autour de quatre ou cinq ans pour un conte entier. Avant, c’est la voix et le rituel qui comptent, pas l’histoire, et un enfant qui ne suit pas le récit profite quand même du moment.
Faut-il vraiment supprimer tous les écrans pendant les fêtes ?
Non, et se fixer cet objectif est le meilleur moyen d’échouer. Un créneau protégé chaque soir produit un effet réel ; une interdiction totale sur trois semaines produit surtout des disputes.
Que faire si l’enfant s’ennuie au bout de cinq minutes ?
Arrêtez-vous là et reprenez le lendemain. Un texte interrompu qu’on retrouve le soir suivant fonctionne mieux qu’un texte terminé de force, et l’attente fait une partie du travail à votre place.
Les contes anciens ne sont-ils pas trop violents ?
Certains le sont, et les versions du dix-neuvième siècle le sont plus que les adaptations modernes. Lisez le texte avant, sautez ce qui vous gêne, et rappelez-vous qu’un enfant supporte beaucoup mieux une histoire dure racontée par une voix calme qu’une image qui lui arrive sans prévenir.