J’écris ce petit article suite à une réflexion que l’on m’a faite ce week-end. J’étais sorti en solo avec mon petit Ananas de bientôt 3 mois, pour rejoindre des amis dans un café. Ces derniers m’ont trouvé “détendu” et “relax” avec ma petite. Il faut dire que je ne suis pas une personne très stressée de nature. J’ai nourri et changé ma fille juste avant de partir. Je savais donc que j’avais une “autonomie” de 3 heures avant le prochain biberon. Je suis donc parti les mains dans les poches, sans sac à langer.

Cette réflexion, pourtant anodine, je m’en suis flatté. Oui je suis détendu avec ma fille, pour moi, m’en occuper est naturel. Dit-on ce genre de choses à sa maman ? Je lui ai posé la question et non.

Encore aujourd’hui, alors que le rôle de père a beaucoup évolué ces dernières années, on s’étonne encore de trouver un papa détendu et naturel avec son enfant. Comme si cela était un exploit de savoir s’occuper de son tout petit sans stress. Or, ce n’est en rien un exploit. J’ai tout autant ma place auprès d’elle ces premiers mois que sa maman, qui elle pour le coup est tout sauf détendue.

Peut-être n’est-ce pas le cas pour certains hommes mais pour moi, m’occuper d’un nourrisson est instinctif. Ce n’est pas une question de masculin ou de féminin, de père ou de mère mais de ressenti. Je suis devenue le père de ce petit être bien avant sa naissance, bien avant que cela ne soit concret et que je la vois. Je suis devenu son père à l’instant ou le test de grossesse a indiqué positif.

Cela m’étonne donc et parfois m’agace que l’on vante mes mérites ou mes exploits à m’occuper d’elle, alors que Maman Cool n’a jamais droit à ces considérations. Comme si pour elle tout cela était innée. Pourquoi la féliciter alors ? Ce serait d’ailleurs plutôt le contraire et elle doit composer depuis la naissance de notre petit Ananas avec les critiques à peine masquées de certaines personnes.

Devenir parent, cela s’apprend, pour elle comme pour moi et ce n’est pas parce que c’est une femme qu’elle a plus de facilités pour s’occuper de notre fille.

Cela m’amène à me poser des questions sur la pression que subissent les femmes face à ce modèle de mère parfaite qu’on tente de nous imposer partout (presse, entourage, réseaux sociaux…) Mais cela fera l’objet d’un autre article.

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